2 jours dans les Alpes bernoises

Nous sommes mercredi, et la météo du week-end s'annonce très clémente. C'est décidé: vendredi soir, direction la Suisse pour aller passer 2 nuits et 2 jours dans les Alpes. Mais où?

Je voulais quand même un minimum de dénivelé, pour être à l'abri des touristes. Quelques mois auparavant, j'avais vu depuis l'avion ces trois sommets majesteux des Alpes bernoises: Eiger, Mönch et Jungfrau. L'occasion est venue d'aller les voir de plus près.

Après avoir fait un tour sur map.geo.admin.ch, nous voilà prêts à partir avec un bel itinéraire, environ 30km et 2200m de dénivelé positif, très bien pour 2 jours en prenant le temps de faire des photos.

Tour du massif du Schilthorn

Vendredi

Sortie du boulot à 16h, 15min plus tard, nous étions dans la voiture, les sacs dans le coffre, à peine plus de 5kg chacun avec de quoi dormir par températures négatives et manger chaud pendant 2 jours.

Après presque 5h de route, nous arrivons à Lauterbrunnen, où nous comptions prendre la route pour monter garer la voiture à la station de Mürren. Manque de bol, cette route est en accès restreint. Nous nous dépéchons alors d'aller jusqu'à la station de Stechelberg pour prendre le téléphérique qui nous monteras à Mürren via Gimmelwald.

22h05, nous débarquons enfin à Mürren, 1638m, dans l'obscurité: pas de lune ce soir, mais le soleil éclaire encore assez pour pouvoir monter sans lampe. Après une heure de marche nocturne, nous posons la tente à Allmendhubel, 1900m, avec une vue dégagée qui promet un beau réveil le lendemain. 23h30, 8°C, nous nous endormons, porte ouverte, la tête sous la voie lactée qui apparaît lentement derrière les nuages...

Samedi

5h30, 1°C, le duvet est couvert de givre par endroits. Le soleil montre ses premiers rayons à travers les nuages, qui restent encore accrochés aux reliefs.

Le paysage est tout de même impressionnant.

Le temps de manger un peu de gâteau marbré et boire un thé, ceux pour qui nous sommes venus se dévoilent grâce au soleil déjà fort.

Le soleil se lève derrière les trois Goliaths, nous empéchant d'apprécier les reliefs des pentes escarpés de l'Eiger. Pas grave, nous revenons les voir demain, cette fois avec une lumière favorable!

7h, le brouillard monte de la vallée, il est temps de partir à l'assaut du Schilthorn.
Au delà du refuge du Schilthorn (Schilthornhütte), l'herbe commence à se raréfier. On entre dans un paysage beaucoup plus minéral et les névés font leur apparition.

Les derniers mètres avant le sommet sont raides et débouchent sur une crête vertigineuse, qui laisse tantôt apercevoir les sommets avoisinnants.

Arrivée à 12h00 au Schilthorn, 2970m. C'est un flot d'américains et d'anglais qui se déverse toutes les 15 minutes du téléphérique. La vue est bien bouchée, pas la peine de traîner trop longtemps ici.

Un bout de saucisson pour reprendre quelques forces après ces 1100m d'ascension, et c'est reparti. En redescendant sur le Sattel, on aperçoit la vallée du Sousbach dans laquelle nous descendrons demain. Rien à voir avec l'afflux touristique du Schilthorn...

Nous arrivons au niveau du Chilchflue, qui culmine à 2833m, et que nous contournerons par l'ouest pour atteindre la vallée du Sousbach.

Le paysage devient lunaire et rend la descente d'autant plus impressionnante.

Sur le versant ouest du Chilchflue, on trouve un beau névé, parfait pour un petit entraînement à la glissade!

A mesure de la descente, nous retrouvons un peu d'herbes, le soleil montre son nez aussi: c'est le moment de faire une pause sieste/séchage des affaires sur de belles dalles de lapiaz.

La pause nous a un peu refroidit, mon genou droit commence à être douloureux. Pas terrible pour achever de descendre les presque 1000m de dénivelé depuis le Schilthorn. Nous arrivons tant bien que mal jusqu'au magnifique plateau de Hochie.

Un couple de chamoix nous accueille... Moins sauvage, des vaches se trouvent sur notre chemin. Ouf, mon début de tendinite due à la descente va pouvoir s'arrêter là.

Encore 400m de montée, nous posons le camp juste au-dessous du Chilchfluepass, col qui nous sépare de la vallée du Sousbach. 19h, nous montons la tente à côté des moutons, épuisés après une journée de 12h de marche, mais en admiration devant le soleil qui se couche sur la vallée de Kien.

Après avoir mangé un peu de semoule, bu un thé chaud et fait la vaisselle, extinction des feux à 21h.

Dimanche

Je me réveille, j'ouvre l'oeil, il a l'air de faire déjà bien jour dehors. Le thermomètre indique 1°C sous le plafond, là où il fait le plus chaud. Je passe la main sous la toile et le pose sur une pierre, dehors, et me rendors pour 15min.

6h30. Il est temps de se lever. Le thermomètre indique maintenant -3°C. Pas étonnant qu'il n'y ait pas d'eau sur l'abri : elle s'est transformé en givre! Nous sommes orienté est, donc le soleil ne donne pas encore. Par contre, il est déjà bien levé sur le Chilchflue.

Après avoir traîné un peu, bu un bon thé chaud, rangé le matériel et fait tout ce qu'il faut (par -3°, c'est pas ce qu'il y a de plus agréable), nous nous mettons en route pour le col aux alentours de 8h. Après une demi-heure de marche, nous y voici, enfin au soleil. Pause nécessaire pour se déshabiller. Pour le plein d'eau, ça attendra, tout est gelé. Nous passons le col et entrons dans la vallée du Sousbach, où court un couple de lagopèdes au pied du Chilchflue.

Un peu plus loin, nous trouvons une source qui jaillit de la terre : c'est le Sousbach qui naît ici-même. C'est le moment de remplir les bouteilles!

Ca descend doucement le long du ruisseau, un vrai paradis pour les marmottes que nous apercevons ramper dans les près. Un paradis pour nous aussi, le chemin est à peine visiblie, il n'y a pas eu foule ici. Un bon contraste avec le Schilthron, que nous pouvons voir derrière nous tout au long de la descente. Le soleil se fait fort, il fait bon, idéal pour se laver un peu.

Le massif du Schilthorn est long, et nous le contournons pour revenir au-dessus de Lauterbrunnen, avec certainement une vue magnifique sur les célèbres Eiger, Mönch et Jungfrau.

Le Sousbach devient plus gros au fil de la descente et nous finissons par arriver à une belle cassure d'où il jaillit.

Après un petit raidillon le long des falaires, nous nous retrouvons bien bas et marchons maintenant à moins de 1800m d'altitude.

Mais cela signifie aussi qu'il va falloir un jour remonter... Nous arrivons au bout du massif et rattaquons une courte mais raide ascension de 150m pour revenir sur l'autre versant.

La montée est ardue sous un soleil de plomb, mais le son des fameuses cloches des vaches suisses nous encourage. Et surtout, la fin de l'ascension nous fait oublier la douleur. L'Eiger puis ses deux voisins se dévoilent doucement en haut du chemin.

Nous restons là quelques minutes, à contempler ces sommets enneigés de plus de 4000m. Il est encore tôt, 14h, nous avons toute l'après-midi pour rejoindre Mürren. Alors nous en profitons pour faire une pause déjeuner. Après avoir monté l'abri en tarp et ramassé un peu de bois, nous mettons les pâtes à cuire, dans l'idée de manger tranquillement devant ce beau panorama. Mais les vaches que nous avons croisé en ont décidé autrement. Elles n'ont pas aimé qu'on profite de leur terrain aussi facilement, et un troupeau d'une vingtaine de bêtes vient nous rendre visite et humer nos pâtes en train de cuire...

Elles ne sont certes pas très méchantes, mais pour manger plus au calme, nous plions tout ... y compris le réchaud à bois encore plein de braises brûlantes! Nous nous posons un peu plus loin pour finir notre repas et faire une petite sieste.

Après une bonne pause et une fois les affaires sêches, nous repartons vers 17h30, alors que le soleil commence à se coucher sur notre versant est. La lumière sur les sommets du versant opposé se fait de plus en plus belle. On se croirait David devant ces trois Goliath.

Enfin, nous devons rejoindre le téléphérique à Mürren, qui nous ramènera à la voiture. Encore deux heures à flaner sur ce sentier panoramique, seuls avec la lumière du soleil descendant, et nous aurons bouclé la boucle.

Nous arrivons vers 19h30 à Allmendhubel, là où nous avons passé la première nuit. Dernière pause thé pour profiter du paysage. On aimerait rester là plus longtemps, attendre les derniers rayons de soleil qui colorent la neige d'un rose pâle, mais il faut être raisonnable. Nous sommes le 3 juillet, et le soleil ne se couchera pas avant 21h00, et nous avons encore 5h de route. Un dernier regard contemplatif sur ce paysage imposant, et nous engageons la descente vers Mürren.

Arrivés en bas, nous patientons 20 minutes avant de pouvoir prendre le téléphérique. L'occasion de faire encore quelques clichés et graver ces moments de dernières lueurs de soleil sur les sommets aux neiges éternelles dans nos mémoires.

Nous arrivons à 21h15 à la voiture. Le temps d'un retour et d'une bonne douche en arrivant, il est déjà 3h. C'est l'heure d'aller au lit, car demain il faudra être d'attaque pour repartir travailler.

Commentaires

Merci de m’avoir fait voyager avec de si belles photos. Les commentaires précis et plein d’humour prouvent toute votre passion pour ces aventures ( je ne peux m’empêcher de penser que Guillaume a sans aucun doute hérité du chromosome “montagne” de ses parents!).
BRAVO.

Merci Hélène! Je devrais revenir d’ici fin janvier avec quelques photos de la forêt noire sous la neige… enfin… je l’espère!

Je confirme que le chromosome “montagne” existe puisque j’en ai hérité également, en tant que soeur cadette de Guillaume. Ces photos de Suisse sont magnifiques, j’adore le contraste entre le vert éclatant de la végétation estivale et le blanc majestueux des sommets alpins culminants à 4000m! Vivement que j’organise un périple alpin! A bientôt Fréro ;)

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