Fin d'hiver en Norvège, îles Lofoten

Randonner-leger.org, mis à part l'aspect technique de la randonnée, c'est un vrai catalogue de voyage. Une source intarissable d'inspiration pour aller passer quelques jours ou quelques semaines au grand air, dans des contrées lointaines ou pas. C'est d'ailleurs grâce à Thierry et Alex que l'idée nous est venue d'aller profiter de la soi-disant dernière année de forte activité solaire de la décénie pour partir chasser les aurores boréales. Et histoire de ne pas risquer d'être déçu de ne pas pouvoir en observer, quand même, dans un coin de la Norvège à la géographie et au climat atypiques: les îles Lofoten. Et la chance nous a sourie.

Nous avons réservé nos vols aller-retour pour Bodø, du 1er au 10 mars. C'est tout. A cette époque de l'année, les îles Lofoten sont désertes, la majorité des touristes que nous avons rencontrés sont des photographes. On part avec 7 jours de vivres et le matériel de randonnée hivernale, répartis dans nos sacs à dos respectifs et un grand carton accueillant les raquettes et les bâtons le temps du vol.

Les Lofoten sont vraiment une destination "facile" pour une virée hivernale en Scandinavie. Elles bénéficient d'un micro climat, étant sous l'influence du Gulf Stream, et la température descend rarement en-dessous de -15°C près des côtes. Certes une petite expérience de la rando hivernale est préférable pour pouvoir se balader plus serain sans flipper sur le bivouac à venir, mais pas nécessaire. On n'est jamais vraiment très loin des habitations en cas de pépin si l'on reste sur les sentiers côtiers et petites routes.

Niveau organisation, nous avons payé 300€ par personne pour un vol AR Francfort - Bodø (mêmes prix au départ de Paris) et dépensés 200€ de plus par personne sur place pour les trajets vers et sur les îles, une nuit en chambre double, un resto et quelques vivres. La nourriture sur place étant très cher, on gagne à y attérir déjà autonome (quand la durée du séjour le permet...). 
L'hiver, tout tourne au ralenti: horaires réduites, hébergement et restauration limités. Il faut essayer de faire concorder les horaires de vols avec les horaires des ferries si l'on ne souhaite pas passer 4 jours à Bodø, qui pour le coup, n'a rien d'intéressant.

Sur place, entre et 10 et 15km de marche par jour, tranquille, sur des routes pas trop fréquentées et des sentiers côtiers.

Bref, c'est le genre de voyage vite organisé, peu risqué si on ne s'engage pas n'importe où, et qui, le temps étant très changeant, garantit sur une semaine de profiter de paysages et de lumières magnifiques quelques heures par jour.


Le récit

Vendredi 1er mars

Départ de Mannheim à 8h30 pour rejoindre l'aéroport de Francfort. On profite du train pour récupérer des deux dernières très courtes nuits passées à coudre, cuisiner et préparer les sacs.

Transfert jusqu'à Oslo, où nous sommes obligés de récupérer nos bagages en soute et les réenregistrer pour Bodø. Arrivée à Bodø 19h, nous avons tout notre temps puisque nous ne prenons l'avion que demain matin à 5h pour Leknes. Nos billets en poche, on part manger en ville. Le ciel est voilé et ça n'a pas l'air de vouloir s'améliorer, pas d'aurores ce soir ...
De retour à l'aéroport, après quelques bons conseils glanés auprès d'un français vivant à Fredvang (Lofoten) et bloqué ici à cause d'un retard de vol, nous nous endormons sur de moelleuses banquettes.

Samedi 2 mars

4h du matin, on se fait réveiller par le personnel de l'aéroport qui s'agite pour l'ouverture. Petite toilette, enregistrement des bagages et on embarque dans un petit Dash 100, sur le même vol que Pierre, direction Leknes. On attérit une heure plus tard à ... Bodø. Retour à la case départ. L'anémo à Leknes s'est envolé, impossible d'attérir. On profite d'un pti-dej offert par Wideroe, toujours en compagnie de notre ami francophone, avant d'embarquer à nouveau à 8h30. Le vent souffle toujours très fort, la neige est au rendez-vous, espérons que cette fois c'est la bonne.

Le vol doit faire une escale à Røst, mais ne peut pas se poser, toujours à cause du vent. On file direct à Leknes, où l'avion se pose finalement sous une météo pas vraiment calme. Impressionnant ce dont sont capables ces petits avions... et leur pilotes. Nous voilà à Leknes, sur les Lofoten! Tout euphoriques, on part récupérer nos bagages et faire nos sacs. Pierre s'en va, certainement qu'on le croisera en milieu de semaine prochaine lors de notre passage prévu aux alentours de Fredvang.

On se débarasse du gros carton et descend en ville acheter des chips et une grosse cartouche de gaz, ainsi que des brownies, pour remplacer les cookies restants du pti-dej, minutieusement emballés dans une serviette et lamentablement oubliés sur mon plateau. Irina faisait uneuh gueeeeuleuh!
Le temps est couvert, on ne sait pas trop où aller. Pierre nous a recommandé Eggum, et il se trouve qu'en regardant vers le nord-ouest, dans la direction d'Eggum, au-dessus de l'Atlantique nord, le ciel a l'air dégagé. Après 30min le pouce levé à la sortie de Leknes, Rebekka, une jeune du coin, nous emmène jusqu'à Borge (15km). Et c'est parti pour 10km de marche sur la route, au bord d'un bras de mer à moitié gelé.

Les sacs sont lourds: les raquettes, 7 jours de bouffe (chacun), 2L d'eau, le matos photo et les bâtons (qu'on a même pas pensé à utiliser). Environ 12kg pour moi et 9kg pour Irina.

On mettrait bien les raquettes, mais il n'y a pas assez de neige. Mais c'est pas grave, le décor fait vite oublier le fardeau.

On arrive à une vielle tour, apparemment très fréquentée en été, par les touristes et les moutons. Jolie vue sur Eggum d'un côté, traversé 15min plus tôt, et la suite du trajet, en bord de mer, avec au loin le cap qu'il nous faut contourner pour atteindre Unstad, à 5km d'ici. Le soleil s'invite enfin, pause: on va manger... des chips

On quitte bientôt la route pour attaquer le sentier de bord de mer.

Sentier assez facile et plat au début, qui devient beaucoup moins évident par la suite: du dévers, parfois pas très bien marqué, on le perd. A deux ou trois reprises, on doit faire demi-tour car on est soit trop haut, soit trop bas. Certaines portions sont couvertes de vrais petits névés de glace, obligés de les contourner. Irina n'est pas super à l'aise, je prends ses raquettes à la main pour décharger son sac qui la deséquilibre, et on rejoint le phare au bout du cap (une fois de plus, on était trop bas).

Irina manque de forces et son genou l'enquiquine. A sa décharge, on en fait peut-être un peu beaucoup pour un premier jour, chargés au max et sans entraînement préalable qui plus est. Il y aurait bien un petit emplacement pour bivouaquer au pied du phare, mais c'est en plein vent. La nuit commence à tomber, on pousse jusqu'à Unstad. Le sentier est plus évident à trouver et mieux tracé, avec quelques passages aériens qui justifient bien la présence de mains courantes.

Il est 18h30, le soleil est couché depuis un petit moment, on rejoint enfin la baie de Unstad, et la piste d'accès au sentier. La piste est une vraie patinoire, je me rétame tout en finesse avec mon gros sac de 12kg. Pourquoi on a pas pris les crampons à la place des raquettes!!!!
Quelques minutes à chercher et on trouve un endroit pas trop mal pour planter la tente, pas trop loin de la mer pour aller chercher des gros cailloux. On monte la tente en vitesse pour qu'Irina aille s'y réfugier, froid et fatigue ne faisant pas bon ménage. Il y a un peu de neige tombée au sol cette nuit, mais pas des masses. Je dois aller ratisser un peu plus loin pour pourrir la juppe ajoutée à la Shangri-La 2. En faisant mes allers-retours je garde un oeil sur le ciel, bien clair au-dessus de nous avec quelques nuages à l'horizon. Une trainée blanche commence à se dessiner. Il est 19h30, le spectacle vient de commencer :)

De grandes bandes verdâtres se mettent à danser dans le ciel. Au-dessus de l'océan, d'abord, puis au-dessus de nos têtes, derrière le massif qui nous domine.

Même avec une focale de 10mm, je ne peux pas prendre un tiers de l'aurore lorsqu'elle se déploie tout au dessus de nous. A l'oeil nu, ce n'est pas vraiment comme sur les photos: la couleur est moins intense. Mais le spectacle n'en reste pas moins transcendant, de part la vitesse à laquelle ces lumières se déplacent et leur étendue. Tout ça sur le doux son des vagues, dans une baie encaissée, isolée de toute lumière artificielle. C'est le genre de grands moments que nous étions venus chasser, et il nous est offert dès notre premier bivouac sur les îles Lofoten! Un beau cadeau de bienvenue :)

Vers 20h30, la troupe tire sa révérence et se retire, nous laissant aux anges et enfin disponibles pour prendre un repas chaud sous la tente.

Dimanche 3 mars

Le vent a soufflé cette nuit, il a même neigé un peu, mais au réveil le temps est magnifique. Il 7h, température de -6°C, alors qu'Irina finit sa nuit au chaud, je m'en vais passer 1h dehors à prendre des photos.

Le temps de prendre un chocolat chaud et de commencer à ranger, le soleil pointe le bout de son nez, il est temps d'aller voir à quoi ressemble la plage d'Unstad!

Une belle plage de sable blanc. Ah non, c'est de la neige. Quelques surfeurs motivés sont venus tâter les vagues.

On traîne un peu dans ce petit coin de paradis, à prendre le soleil sur la plage, avant de rattaquer ma marche vers midi. Direction le col de Unstad, pour sortir de cette enclâve. La vieille route offre un beau parcours pour la balade dominicale des locaux. Ici les gens ont tous les chaussures cloutées ou des mini-crampons amovibles. Nous, nous sommes enfin contents de pouvoir mettre les raquettes aux pieds sur cette montée face nord, même si une fois de plus, des mini-crampons se seraient révélés tout aussi efficaces... et plus léger :)

C'est au sommet que nous découvrons des séchoirs à poisson, source des effluves qui ont atteint nos narines durant la petite ascension.

Certains viennent juste d'être pendus, un tracteur monte justement quelques nouvelles caisses de morue fraiche. Belle vue sur le Steinsfjord, dominé par le Himmeltind.

Les raquettes reprennent leur place sur nos sacs... Arrivés de l'autre côté du fjord, la météo semble s'annoncer moins clémente avec nous.

Mais finalement ça tient, ça reste couvert sans grosse chute de neige. Nous suivons la route jusqu'au Ostadvatnet (vatnet = lac), que nous longerons sur une piste.

Ce coin là offre quelques beaux spots de bivouac en hiver, terrain assez plat au bord du lac, certes gelé, mais avec de la neige, quelques arbres et cailloux à proximité. ll est encore trop tôt pour nous arrêter là. Nous marchons en direction de la baie de Vik (Vikbukta), rejoindre une des soi-disant plus belles plages du monde. Elle est encore loin pour aujourd'hui, on s'arrêtera avant pour dormir.

La couche de neige est ici assez consistente pour rechausser les raquettes (et accessoirement, éviter de se faire surprendre par les nombreuses plaques de glaces cachées dessous). Nous traversons une zone de champs et petites habitations parsemées, en retrait de la route E10. La zone doit être extrêmement humide l'été et infestée de moustiques, sans grand attrait. Au sortir de Ostad, la route s'arrête devant une dernière maison, un sentier mène au petit col de Repp (Repphalsen) qui retombe sur le village du même nom, par lequel on peut accéder à Vik. Nous avions prévu (2h plus tôt) de dormir de l'autre côté du col, mais Irina n'a plus de jus. 15km parcourus, mais il faut préciser qu'avec la météo et le froid, on ne s'est pas vraiment arrêté pour manger. Quelques mètres sur le sentier du col avant de se poser en plein milieu.

C'est presque le pire endroit de bivouac: une tourbière encaissée dans un vallon qui ne voit presque jamais le soleil (orienté nord-ouest), un sol gelé sous les quelques herbes qui dépassent, assez peu de neige, pas de cailloux, pas de bois, pas d'eau courante... Point positif: pas (encore) de vent. Après avoir tordu une de mes cornières en alu, j'entreprends un ratissage de la neige sur un rayon de 10m autour de la tente pour enterrer sardines et raquettes et pourrir la toile. Au bout d'1h30 de boulot, je rejoins Irina sous la tente pour manger.

Encore une heure à faire fondre de la neige pour boire et préparer notre purée et dodo.
Irina me réveille durant la nuit en se tournant. Alors que je suis tombé en 2min, elle n'arrive pas à s'endormir. Et elle ne voulait pas me le dire. Grrrrr. Je reserre quelques élastiques, je masse un peu la couette pour lui donner un peu de duvet et c'est reparti jusqu'au petit matin.


Lundi 4 mars

Nuit calme, je sors le nez dehors, il faut beau! Par contre ça pique! Le thermomètre indique -11°C sous la tente. Je sors faire quelques photos, le mercure tombe à -14°C! Le soleil est déjà levé, il a même dû faire plus froid cette nuit.

On zappe le petit déjeuner chaud, qu'on prendra plus tard. Au moment de ranger, je me rends compte qu'une des 4 sardines principales est complètement dans la glace. Je dois creuser à grands coups de Snowclaw pour la libérer. De ce que j'ai pu en déduire, la neige sous nos matelas a fondu durant la nuit (l'herbe était à nu sous les matelas au moment de ranger), et vu que le terrain n'était pas complètement plat, l'eau de fonte s'est écoulée vers l'angle en question et a regelé au sortir de la tente, emprisonnant la sardine. Pas mal non?

Après cet investigation, on se remet doucement en route pour le col. L'autre versant du col, et même le col lui-même, offre de biens meilleurs spots de bivouac. On aurait quand même pu pousser jusque là-haut...

Arrivée à Repp avant de rejoindre la berge ouest du Vikvatnet qui nous mène à Vikbukta.

Pause petit déjeuner sur la plage de Vik. Effectivement, l'endroit est superbe, malgré l'ensoleillement limité à cette époque de l'année et une température de -2°C! On a quand même une chance insolente avec la météo...

Retour sur la route de Leknes pour prendre le bus demain, et aller faire un tour plus au sud, du côté de Fredvang. La carte donne à croire qu'on peut rejoindre par le bout de terre entre Vågje et la petite presqu'île surplombée par le Offersøykammen le sentier qui fait le tour de cette grosse montagne. De haut, ça n'avait pas l'air. Peut-être à marée basse, on est pas descendu voir...

Du coup, retour sur la route, toujours les raquettes sur le dos. Le paysage s'applatit, on fait un bout de chemin sur l'E10 avant de rejoindre la baie de Haug, aux portes de Leknes.

On plante la tente sur une bosse, assez exposée au vent mais avec une belle ouverture si le ciel ose se dégager. Même problème que les jours précédents, on est obligé de ratisser la neige sur un grand rayon pour pourrir la toile. Mais y'a quelques grosses pierres à disposition pas loin.

Je dois ressortir la nuit pour rapporter un peu plus de neige sur la bas de la tente, ça souffle pas mal. Mais pas d'aurores à l'horizon...

Mardi 5 mars

Ce matin il neige. Le temps est bien bouché, journée parfaite pour voyager.

Retour à Leknes, où on rachète des chips et de la crème hydradante pour les mains: entre les scéances photos et les montages/démontages de tente sans gants, mes mains sont très sèches. Petite toilette aussi au passage.
Guillaume et son amie nous attendent demain soir au lac de Sørvågen. On avait prévu d'aller dormir ce soir autour de Fredvang, mais ça veut dire pas mal de marche, car il faut récupérer le bus demain à Ramberg. Irina n'a pas un genou très en forme, vu la météo, nous faisons l'impasse et tirons direct sur Reine.

Le chauffeur a un problème avec sa machine, du coup il nous fait grâce du ticket :)
Ciel bouché, brouillard et neige, mais on arrive à voir un peu de paysage durant le trajet. La route est impressionnante entre Ramberg et Reine. Très étroite, pleine de neige, avec des travaux, ce que n'empêche pas le bus de rouler comme un malade.
Arrivés à Reine, toujours sous la neige, nous rejoingons le centre du village. Assez désert: une chambre d'hôte, à droite, un café, au centre, un loueur de kayaks (fermé), à gauche, et deux vieux, dont l'un avec son déambulateur scandinave à patin, en train de discuter.

Pause au café, pour prendre un chocolat chaud et décider de la suite. Les serveuses nous indiquent de possibles pistes d'hébergement, dont la chambre d'hôte "Det Gamle Hotellet". Fermé pour le moment, la dame est sortie nous dit la voisine, petit tour de Reine en attendant.

Retour à l'Hotellet, toujours personne. On pourrait appeler, il y a un numéro. Mais on pourrait aussi aller s'acheter une morue et la manger sous la tente. Faut dire que ces odeurs de poissons embaumant tout le village ont réveillé nos papilles!
Deux gars en train de pendre des poissons aux séchoirs nous disent d'aller directement à la fabrique, ce que nous faisons. Un vieux monsieur nous ouvre et nous conduit dans les entrepôts. Là un employé nous reçoit et nous explique qu'il faut laisser tremper le poisson séché au moins une semaine dans l'eau avant de pouvoir le manger. Bon tant pis. On va en prendre un frais alors :)
Nous payons 6€ notre petite morue vidée et étêtée, sortie directement des grosses caisses prêtes pour le séchoir, et nous repartons tout content de là.

On était venu chercher un rorbu, on repart avec un poisson. Le truc, c'est qu'on sait pas où on dort, et on sait pas comment on va manger ce poisson, mais on est content. On se décide finalement pour partir à pied vers Sørvågen, au point de rendez-vous de demain. Guillaume m'a parlé d'un abri ou d'une cabine, on va essayer de trouver ça.

Nous faisons la moitié du chemin à pied avant de nous faire prendre en stop par deux allemands qui vont dormir à Å. Il commençait à faire tard, on s'est dit au milieu qu'on aller lever le pouce sans grande conviction, histoire d'arriver avant la nuit. Ils nous déposent à Sørvågen.

La nuit commence à tomber, on part chercher l'abri par le tour sud du lac et on tombe sur un panneau devant une cabine, expliquant que les cabines du coin sont toutes fermées et qu'il faut une clé d'une certaine association pour y rentrer. Bon... tant pis, on fera notre poisson sous la tente.

On a bientôt fait le tour du lac, il fait nuit, on trouve un endroit bien abrité du vent pour planter l'abri. Il le faut, car ça commence déjà à souffler correctement. De la neige, y'en a plein, on monte l'abri sans souci. On passera 3h sous la tente jusqu'à 23h30 à s'enchaîner nos bouts de filets de morue, d'abord grillés à la flamme puis bouillis. Soirée Fish & Chips!

Je n'avais jamais effilé de poisson, encore moins avec un opinel sous une tente, mais c'était bien bon :)

Mercredi 6 mars

-3°C. Durant la nuit le vent a sacrément forci, et le courant d'air qui s'est formé entre les deux aérations sommitales de la Shangri-La a transporté pas mal de neige, dont on s'est gentiment fait brumatiser la tête une bonne partie de la nuit.

Je sors faire quelques photos avec le soleil qui se lève. Météo clémente!

Petit dej pour nous mettre en cannes et nous chaussons les raquettes. Nous allons essayer de monter vers Munken, ou au moins Djupfjordheia.
En m'avançant trop près du lac pour aller photographier ces cratères de glace à sa surface, je manque d'y plonger un pied lorsque sa surface se brise sous mon pied.

Durant la montée au Stuvdalsvatnet, le temps commence déjà à se couvrir méchamment. La neige ici est profonde, nous nous enfonçons parfois à mi-cuisse. Pour le coup, nous sommes contents d'avoir les raquettes. Mais porter les raquettes durant tout le séjour pour juste cette ascension (qui reste faisable sans raquettes), est-ce vraiment le bon choix?

D'énormes plaques de glace ont été déposées par le lac sur son rivage, en équilibre sur deux pierres.

Nous abandonnons l'ascension 300m sous le Djupfjordheia: le genou d'Irina n'apprécierait pas la descente, le temps est bouché, aucun plaisir dans ces conditions là.
Quelques photos avant de redescendre. 

De retour en bas, le soleil brille à nouveau! Qui a dit que le temps était changeant sur ces îles...

Sur la gauche, j'aperçois deux personnes se diriger vers l'abri dont me parlait Guillaume, que j'ai repéré ce matin à la montée: c'est bien eux. Bon timing! Nous les rejoignons pour passer l'après-midi et la nuit ensemble sous cet abri. Ils y ont déjà passé deux nuits, c'est un abri ouvert, mais selon lui, il est très bien protégé du vent!

Le temps se recouvre, neige dense. Descente au village pour faire quelques courses, en remontant nous croisons deux français, Florence et Yann, qui reviennent du Djupfjordheia justement. On discute un peu, ils ont loué une voiture et visitent les îles de village en village, au gré des envies. Ils dorment dans un rorbu du Hostelling International de Å ce soir.

Nous rejoingnons de notre côté notre abri pour préparer le lit et faire à manger. Les restes du poissons d'hier nous permettent de faire de goûteuses soupes et une bonne brandade de morue!

Il fait -4°C, le ciel s'est dégagé. Je scrute une dernière fois le nord avec l'espoir d'y voir un voile blanc se déployer dans le ciel, en vain. Nous nous endormons chacun sous nos couettes. Le vent commence à souffler...

Jeudi 7 mars

Comme la nuit derrière, on s'est fait arroser de neige, cette fois-ci puissance 10. La neige n'est pas passée seulement par l'ouverture principale, mais aussi entre les lattes!

D'ailleurs ça souffle encore pas mal dehors, j'ai du mal à tenir debout dans les rafales.

Nous déjeunons en observant nos couettes se gonfler et se dégonfler comme des poumons, portées par l'air qui pénètre le sol par dessous. Un instant nous avons l'espoir d'une belle journée, mais le ciel se recouvre rapidement. Guillaume et Solène vont rejoindre leur ferry au départ de Moskenes, nous continuons notre descente vers le bout des îles: Å. Sous la neige.

Une fois au moins durant le séjour, on aurait aimé dormir dans du dur. En fait, plus que dormir entre quatre murs, surtout prendre une douche :) Une petite visite de Å nous fait vite nous rendre compte que tout est fermé, à part le H.I, mais qui ne répond pas au téléphone. La visite est toujours aussi ventée.

Finalement, un habitant nous dit que les chambres du H.I sont en fait dans le Tørrfiskmuseum.
En effet, Florence et Yann sont en train d'en partir. Ou plutôt de galérer: leur voiture est garée en bas d'une belle côte recouverte des 30cm de neige tombés cette nuit. Nous les aidons un peu, la gérante du H.I me rappelle à ce moment, on réserve une chambre double à 70€ et son mari arrive avec un tracteur pour sauver nos compatriotes. Tout s'arrange pour tout le monde, et nous recevons même en cadeau pour notre aide une bonne bière norvégienne de la Grans Bryggeri au goût agréablement malté!
Pendant ce temps la tempête s'est calmée. Après une visite privée du Tørrfiskmuseum par sa gérante et lui avoir acheté deux morues séchées pour remporter chez nous, nous partons profiter de la belle et éphémère lumière avant la prochaine tempête.

Le rorbu d'Alex, Karine et Thierry, si je ne m'abuse!

Le temps se recouvre, on retourne à l'auberge se doucher, faire un peu de lessive et manger notre double purée à l'huile d'olive avec un photographe tchèque. Tout ça fait du bien :)

Vendredi 8 mars

Ciel magnifique au levé, vers 8h, puis ça se couvre, puis ça se découvre après le pti dej. Temps typique Lofoten :)
Nous quittons le H.I vers 10h. Il nous faut prendre le ferry demain matin (samedi) à 7h pour attraper notre vol dimanche à Bodø à 15h. Nous envisageons de prendre le bus et aller passer la journée à Fredvang, histoire de voir du paysage nouveau, mais étant donné qu'on doit absolument dormir dans les envrions ce soir, ça fait trop short. Le soleil est de sortie, on se met en marche vers Moskenes pour aller repérer le ferry et faire le chemin d'hier enfin sous le soleil.

On voit même le continent de l'autre côté, au loin à l'horizon.

Tind, encore sous le soleil

Mais plus 30 min plus tard...

Nous mangeons un bout à Moskenes le temps d'une averse de neige. Le soleil a l'air de vouloir ressortir, on prend le bus pour Reine (oh les flemmards) en espérant profiter du coin sous le soleil. On se fait déposer sur Hamnøya, avant de repartir à pied vers Moskenes. Au final, la météo n'est pas bien bien meilleure que lors de notre première visite, mais il reigne ici une lumière tout de même intéressante.

La vue sur le fjord de Reine se dégage enfin un peu.

Une dernière vue sur Olstinden, qui garde l'entrée du fjord, avec une petite éclaircie sur la mer, avant de quitter le coin.

Il doit y'avoir la possiblité de dormir pas loin de l'embarcadaire, à l'emplacement du camping de Moskenes, fermé l'hiver, apparemment assez bien protégé du vent selon notre ami tchèque. L'alternative, c'est revenir à la cabane du lac de Sørvågen et marcher 45 min jusqu'au ferry demain matin. Se lever tôt pour marcher ou pour replier la tente? Nous optons pour la solution 1. Direction Sørvågen donc, où nous retrouvons notre abri bien connu.

Nous nous mettons au lit après un repas copieux (ouais, faut bien faire de la place pour nos deux poissons sêchés avant de repartir). Gros plan sur notre empilement de sacs à dos (pas très épais!) et de pantalons pour isoler nos petons du froid. Une solution qui aura très bien marché durant tout le séjour!

Samedi 9 mars

La nuit a été bieeen moins agitée qu'il y a deux jours. Peu de vent, mais de la fraicheur. Il fait -8°C, il est 5h30, l'heure de s'activer pour prendre un chocolat chaud et partir attraper notre ferry. On traîne un peu à ranger, ce qui nous vaut de nous dépêcher en marche, mais on arrive à temps au ferry pour Bodø. Le soleil est en train de se lever et nous gâte d'une superbe lumière, embrasant les îles envahies au nord par des nuages chargés de neige.

Nous arrivons à Bodø vers 10h30. Petit tour dans la ville, on cherche un restau abordable pour manger des produits de la mer. On demande conseil à un homme en train de pelleter la neige hors de son jardin, qui à son tour, pris de court, interpelle un jeune de passage dans la rue. Le jeune nous dit "follow me", et nous emmène jusque devant le Sydøst, bien caché face aux docks. Nous y dégustons quelques délicieux tapas à la morue des Lofoten et des raviolis au King Crab. Pas très copieux mais très gourmet, pour un prix abordable.
Nos papilles enfin exaucées, nous partons chercher une aire de bivouac: direction le Keiservarden, cette colline qui domine le nord-est de Bodø. Nous ne montons pas jusqu'en haut et quittons le sentier au-dessus du Vollvatnet øvre pour rejoindre une zone selon la carte dégagée. En effet, une belle vue sur les environs.

Après avoir passé 20 min à tourner pour trouver l'endroit le mieux protégé du vent d'est, nous élisons domicile derrière un gros rocher (milieu droite sur la photo du dessus, sous l'antenne radio). Pendant qu'Irina tasse le terrain, je monte quelques murs.

Le soleil descend et une fois de plus, lumière nordique à te laisser rêver sans bouger, juste là, regarder et te laisser impreigner des derniers rayons de chaleur.

La neige se met à tomber, on en oublierait même qu'il faut encore monter la tente.

Ce que nous ne tardons tout de même pas à faire, car une fois le soleil sous l'horizon, il pèle. -10°C en faisant notre cuisine sous l'abri, porte ouverte.

Repas terminé, je monte sur le gros rocher qui nous protège pour faire quelques pauses longues. On aperçoit les lumières de Bodø. La ville en-dessous, c'est Skivika, la baie du ski! Au loin, les lumières des îles Lofoten.

Je reste un bon moment dehors à attendre les aurores qui ne viendront pas. Malgré un bon nombre de couches (3 en haut, 3 en bas, 3 sur la tête, 2 aux mains, et 2 aux pieds), il ne fait pas chaud au vent. Je dois m'activer un minimum pour ne pas que mes pieds gèlent :)
Finalement, j'arriverai à capter un peu de lumière verte venant du nord lointain, moyennant une pause de 110 secondes (F/5.6, 200 ISO). On sent que l'air est bien ionisé, mais rien de comparable avec notre premier soir. Peut-être à cause des lumières de la ville, ou tout simplement pas au bon endroit? C'était quand même un très beau dernier bivouac... On reviendra!

 

Le matériel

Là, c'est toujours la même histoire, hein! Essayer d'emporter le minimum pour pouvoir être le plus libre possible (mobilité et autonomie). Et ça passe toujours par la chasse aux grammes :D

Voilà la liste du matériel emporté, qui n'était ni plus ni moins qu'une version couple de ce que j'ai emporté dans les Rocheuses canadiennes:
- mon petit abri a laissé place à la grande Shangri-La 2, à laquelle j'ai rajouté une jupe à pourrir de neige
- mon sursac en climashield a été remplacé par une couette en climashield du même grammage, sans dessous donc

Hors du sac (habits et accessoires portés sur soi ou dans les poches)

Dans le sac (hors matériel photo et consommables)

Matériel photo et consommables (eau, gaz, nourriture)

Vêtements portés:

Vu qu'il n'a jamais fait vraiment très chaud, et que l'activité physique était peu intense, nous portions sur nous pas mal d'habits chauds:

couche 1:
Portée en permanence (jour et nuit) jusqu'à 7 jours d'affilés sans lavage avec deux toilettes sommaires au milieu
En haut, T-shirt manches longues mérinos D4, ~250g/m², un peu plus fin pour Irina, portés en permanence (jour et nuit) 7 jours d'affilés sans lavage. Pas d'odeur forte, le mérinos est validé depuis longtemps.
En bas, pantalon fin en soie synthétique pour moi, sans gros apport de chaleur, et Odlo X-Warm pour Irina, dont elle est contente, parfois un peu chaud. Moins efficace que le mérinos, mais on valide également. On passera au mérinos aussi certainement mais ce n'est pas une priorité.
Aux extrémités, chaussettes mérinos alternées jour/nuit, bonnet en laine ou acrylique porté aussi presque en permanence.

couche 2:
En haut, nous avions soit la polaire, soit la doudoune, mais nous n'avons pas eu besoin d'enfiler les deux. En bas, soit rien, soit le pantalon synthé lorsque peu de marche et beaucoup de photo était prévu. Les moufles sont limites, elles pourraient être plus garnies mais pas nécessairement. Les chaussons pour la nuit pour garder les pieds au chaud.
Sur la tête, la capuche de la doudoune parfois. Le buff mérino complète bien le tout pour couvrir le visage en cas de blizzard ou de froid important.

couche 3:
Veste imper-respi à capuche en haut, pantalon fin polycoton en bas, passé à la cire avant de partir. Au Canada, le traitement à la cire s'était avéré insuffisant pour traverser des buissons mouillés, il a été ici efficace pour ce que nous avons eu comme précipitation: de la neige. Le polycoton a l'avantage de sécher très vite et de bien isoler les pieds du sol une fois au lit. Là aussi nous avions pensé aux sur-pantalons, mais pas le budget ou le temps de se les faire. Au final, ces pantalons en polycoton offrent un look plus passe-partout.
J'ai fabriqué des sur-moufles en nylon PU un peu respirant, largement suffisant, même si la préhension n'est pas optimale et que j'ai souvent tout enlevé (mains nues) le temps de faire une manip nécessitant de la dextérité. Pas critique par ces températures, mais y'a de place à l'amélioration.

Les derniers jours, où nous marchions moins, nous avons porté toutes les couches.
Pour ma part, j'étais bien jusqu'à -10°C en "statique actif", c'est à dire à repos mais jamais immobile (faire à manger sous la tente, monter le camp, prendre des photos). J'ai tenu plus d'1h30 comme ça, même en plein vent. La limite se situait aux niveaux des pieds. Irina était juste à cette température, métabolisme un peu moins haut.
Nous étions souvent à la limite du froid ou du chaud, sans que ça devienne désagréable, pour éviter d'enlever ou rajouter une couche toutes les 5 min. A part le premier soir où Irina a pris un bon coup de fatigue suite à une journée éprouvante, on a relativement bien réussi à gérer le froid permanent (rarement au-dessus de 0°C à l'ombre sans vent).

L'équipement hiver:

Raquettes: j'avoue qu'avant de partir, nous n'avons même pas regardé la météo. Sinon, nous n'aurions peut-être pas pris les raquettes, et d'ailleurs, à repartir, je ne les prendrais pas. La majorité du temps nous étions soit sur des sentiers côtiers dans l'herbe, soit sur la route enneigée, une paire de mini-crampons suffit amplement. Nous avons eu l'occasion de vraiment les utiliser en montant vers Munken, mais on s'en serait sortis sans, à condition de bien verrouiller le bas du pantalon avec des guêtres (intégrées au pantalon ou pas). On gagne du coup 1300g (1550-250 de mini-crampons) chacun 50% du temps...

Bâtons: je les ai récemment changés (un prêt qui s'est terminé en casse...), ils ont le même souci que mes anciens, voire encore plus prononcé: avec le froid, ils se bloquent en position allongée. Du coup on a galéré pour les refermer avant de prendre le bus par exemple... Faudra que j'investisse dans un système de serrage efficace...

Pelle: commande de dernière minute avant de partir, ma pelle avec manche est trop imposante et difficile à caser dans un sac, car le godet n'est pas plat. Cette Snowclaw est une merveille. Pour sa compacité, sa légèreté, sa robustesse relative (elle m'a sorti une sardine d'un pain de glace) et son efficacité. Faut être prêt à se baisser, mais l'inconvénient est mineur.

Couchage:

Nous avons aussi opté pour un système 3 couches pour le couchage:
- sur nous, couche 1 + couche 2 (doudoune + pantalon thermique), parfois la veste.
- la couette en duvet, reliée aux matelas par quelques élastiques
- la sur-couette en climashield + tissu super respirant.
En dessous de nous, la polaire/la veste dans un stuff sac comme coussin à même le polycree, les matelas des épaules aux genoux, les sacs vides avec les guêtres et les pantalons en polycoton par-dessus sous les pieds. Nous avons quasiment tout le temps commencé la nuit sur une petite couche de neige et fini sur le sol gelé ou la glace au petit matin.

Entre nos têtes, pour éviter les flux d'air, nous avons juste mis ma polaire en boule. Selon la température, on aérait ou on fermait plus ou moins la couette, ouvrait ou resserrait la capuche et jouait sur le buff merinos, ce qui suffisait pour gérer les différences. En début de nuit, j'avais la cartouche de gaz et la bouteille d'eau glaciales qui contribuaient à m'éviter d'avoir trop chaud... ou me donner quelques frissons!
Malgré les quelques courants d'air sur les côtés lorsqu'on ne faisait pas gaffe, dus en partie à la faible largeur de la couette, on toujours très bien dormi. Un soir le froid a empêché Irina de s'endormir et nécessité quelques ajustements supplémentaires (déplacement du duvet et resserrage du col de la couette). Le fait de partager notre chaleur est vraiment efficace. Je pense qu'on doit pouvoir supporter sans souci  5°C de moins dans cette configuration.
Pour fermer la couette, 3 élastiques+cordons réglables, avec attache pour la surcouette, on glissait les matelas dans la boucle formée par les élastiques (au-dessus) reliés aux cordons (au-dessous).

La sur-couette (climashield + tissu super respirant) était fermée autour de la footbox du duvet et attachée en 6 points (3 de chaque côté) au duvet. Elle a capté toute l'humidité, à la fois celle de notre corps et celle de la condensation givrée. Le matin je la rangeais trempée dans son sac à part, mais le duvet lui était à 95% sec. Le soir avant le dodo, je secouais 5 min la surcouette dans le vent pour la sécher, ça suffisait pour évacuer une grande partie de l'humidité. Je n'ai du coup jamais eu à faire sécher le duvet en journée, même pas à l'auberge, il n'est jamais sorti de son sac qu'on moment de se coucher. Même principe donc que ce que j'avais expérimenté en Canada, validé une fois de plus ici pour les sorties hivernales. Pour le poids d'un sursac imper-respi, on a de l'isolation en plus, et le problème de la condensation en moins.

Portage

Toujours en train de pousser au bout mon essai de sac à dos fabriqué pour le Canada. Il tient bon et j'en suis content. Je suis satisfait de la forme du sac, je vais m'en refaire un plus petit pour l'été. J'en profiterai pour faire un post dédié détaillé, car je n'ai aucune photo de la construction de celui-ci...

J'ai changé le système de poche avant, scindant tout simplement la grosse poche que j'avais avant par deux petites. Le principe est le même, sauf que ça reste plus près du corps, ne ballote pas, et permet d'accéder à la boucle de serrage de la ceinture ventrale. Un demi cylindre en silnylon, une fermeture éclair avec un petit rabat, une plaque de mousse à moité cousue pour la rigidité, voilà en gros à quoi ça ressemble.

J'ai cousu ça à l'arrache 2 jours avant le départ. J'aime bien, mais pour l'appareil photo, il faut quelque chose d'encore plus rigide. Le problème avec les trucs lourds (style gros appareil photo) c'est qu'il ne faut pas que la poche soit trop large, sinon ça ballote, et pas trop petite, sinon on galère à le rentrer. La taille était bonne dans mon cas je pense, après avoir fait 2 essais, mais le manque de rigidité fait que je ne peut pas le sortir et le rentrer aussi vite que je voudrais. Qui plus est avec des moufles... Donc, retour à l'atelier, pour faire certainement un truc plus lourd, mais plus pratique.

L'OMM Villain représente à lui seul presque la moitié du poids de base porté par Irina, mais je n'ai pas eu le temps de coudre un deuxième sac. Cela dit, on était content d'avoir un sac assez costaud à envoyer en soute. Mais 850g, même en 140 deniers, on peut gagner quelques 400g sur ce poste.

Abri

J'ai rajouté une jupe en Skytex 27 à la Shangri-La 2: 6 bandes de mêmes dimensions, 135 cm par 25cm, cousues directement sur l'ourlet de la toile, 60g. J'ai aussi fini par enlever les arceaux en plastique des aérations pour qu'elle rentre dans un nouveau sac de rangement. Bien arrimée, elle a encaissé un vent assez soutenu mais jamais fort et direct. Content de ces modifs pour l'hiver.
Cet abri est gigantesque pour deux personnes, il mériterait un peu moins d'espace au niveau des pieds. Nous avons tous les soirs cuisiné à l'intérieur, porte fermée quand ça soufflait. La condensation gelait assez vite sur les parois, et notre système de couchage a survécu à sa retombée dans les rafales.

J'envisage là aussi de me faire un tipi un petit peu plus léger, avec la possibilité de l'aérer en son sommet pour évacuer les vapeurs de cuisine.
Les sardines sont extra lourdes, là aussi faites à la va-vite le week-end avant de partir. Des cornières de 28mm sur 25cm, quelques trous pour les alléger. J'ai réussi à en tordre une en forçant dans un sol glacé. Mais j'étais assez content de les avoir pour fixer les 4 angles de l'abri (en les plantant ou en les enterrant), on peut faire plus light avec du plastique (et moins dangereux à manier par -15°C).

Cuisine

En gardant le gaz au chaud dans le duvet, on s'en est sorti. 450g de gaz pour deux pour 8 jours ont suffit à faire chauffer environ 2L d'eau/neige par jour (un bol de purée, deux de chocolat chaud), et quelques extras genre poisson, bouillotte, eau chaude à boire avant de dormir... Il ne nous restait pas grand chose à la fin, mais il nous en restait. Par contre, avec la baisse de pression + le froid, le réchaud manquait cruellement de patate le dernier soir. Obligé de le garder quelques minutes contre le ventre pour qu'il crache des flammes correctes.

Toujours aussi content de ce petit bol de 650ml, suffit pour faire 100g de purée, on mange direct dedans, vaisselle à grands coups de langue. Minimaliste et suffisant.

On trouve assez facilement de l'eau propre, surtout l'hiver lorsque les moutons sont à l'abri, et à défaut, il y a de la neige fraîche. Par contre nous avons été confronté au problème du froid. Ça gèle vite au contact de l'air. Du coup on essayait de stocker l'eau le moins longtemps. J'ai essayé une après-midi de mettre la platypus entre ma veste et la polaire (idée piquée à eraz, qui met a une poche intérieure dans sa polaire), soutenue en-bas pas les poches avant du sac: pas terrible, j'avais les poches toutes ratatinées, difficile de sortir l'appareil photo. Faut trouver un système de poche kangourou dans la polaire.

Photo

Irina aurait bien pris un vrai trépied à la place de l'ultrapod, pour être indépendante: il n'a pas servi. Et moi un télé, pour pouvoir cadrer un peu moins large parfois. Si on remplace les raquettes par des mini-crampons, ça le fait!
Nous aurions aussi pu nous passer des chargeurs, mais ne sachant pas trop comment les batteries allait réagir au froid, nous avons préféré assurer. J'ai pour ma part rapporté 24Gb de données (video 720p + RAW + JPG) avec beaucoup de pauses longues, j'ai été bluffé par la résistance des 2 batteries qui ont tenu tout le séjour sans se priver.

Nourriture

Nous n'avons pas trop pris de calories pour ne pas porter trop lourd. Possibilité de se ravitailler si besoin, pas d'effort intense à fournir, et quelques réserves de l'hiver à faire fondre ont justifié ce choix. Depuis notre retour, nous avons effectivement un peu plus de place dans nos jeans, pour autant nous n'avons jamais eu faim. Irina était un peu dubitative devant la quantité d'huile d'olive que j'avais prévue (500mL), mais au final, on a tout fini (les derniers soirs, on se faisait plâtrées avec 2/3 de purée et 1/3 d'huile d'olive)! La liste ici pour les curieux.

Commentaires

Bonsoir nutzzz,

J’ai remarqué que tu avais un site web. Alors je suis venu voir dessus, ce que tu y avais mis.
Du coup je retrouve tes récits de randonnées…
Ce qui fait que je n’aurai pas besoin de fouiller RL pour les lire !

Et puis, comme il n’y avait encore pas de commentaire à la suite du récit de votre balade dans les Lofoten, j’ai pensé que ce serait bien de reprendre mon intervention d’hier, sur RL, et de la remettre ici, sur ton site perso.
Voici donc ce que j‘écrivais hier :

“ Pour en revenir à ce qui concerne tes récits, je suis tombé, au hasard de mes premières lectures, sur ta virée canadienne.
Ce soir, ce sont ces photos “lofotiennes” qui passent devant mes yeux.
Je ne sais pas encore si d’autres de tes reportages se cachent au fond des pages de RL, (je les trouverai) mais en tout cas, ces 2 récits-là sont de toute beauté ! Félicitations !

Bien sûr les photos sont belles, très belles, très très belles…
…mais aussi tes commentaires le sont.
Petites phrases simples, humour par pointe, précisions des informations…! ! !
Chapeau !

Cela me régale. Vraiment.
Continue ainsi, c’est super.
Même ces courtes vidéos en ajoutent au récit et aux images. “

Voilà, tout y est.
Cela ne m’empêchera pas de continuer à écrire – à l’occasion – mes remarques sur RL,
mais je trouve que c’est tout aussi bien qu’elles soient là aussi..

A+

Cordialement

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