Début d'été autour du Wildhorn

Peu à peu j'essaie d'étendre un peu mes expériences. Cette fois-ci, j'ai réussi à motiver Irina pour partir se balader en montagne au début de l'été, et donc de se confronter à la neige encore bien présente. Au départ, j'avais prévu de faire le tour du Wildhorn sur 3 jours. Mais quelques changements de programme se sont imposés et ont racourci le voyage. Biensûr le choix n'était pas que "technique", ce coin de la région bernoise est vraiment superbe.

J'ai appelé la cabane des Audannnes pour connaître l'état du col du même nom: les équipements (échelles, cordes) sont dégagées, mais il reste de la neige. C'est le versant sud du Wildhorn, la neige ne reste pas longtemps dure, ça passera. Départ le vendredi soir après le boulot, comme toujours, à l'arrache. Cette fois-ci j'ai quand même passé du temps à assembler une belle carte du tour. A mi-parcours, je me rends compte que j'ai oublié les mini-crampons... ça commence bien... Nous arrvivons sur place vers 23h30 sur le parking devant le départ. Nous voulions attaquer un peu ce soir pour gagner du temps sur le tour, qui se fait normalement en quatre jours, mais nous n'avons pas de monnaie pour payer le parking. Après discussion avec un couple de tchèques en train de siroter, eux aussi venus de Darmstadt pour le week-end (quelle coïncidence...), nous apprenons qu'on peut aller payer au restaurant pas loin demain matin... à partir de 10h. Zut, nous qui voulions partir tôt...

Samedi
7h  16km  1700m D+  1000m D-

5h30 du mat'. Après 4h de demi-sommeil dans la voiture, nous partons voir s'il y a quelqu'un à ce restaurant pour payer notre ticket de parking (20frs pour 3 jours). Personne. Nous prenons la voiture et envisageons d'aller rejoindre la première boulangerie ouverte que nous trouverons (au moins 10min), mais croisons un fermier qui nous dit de laisser un papier en vue, mentionnant son nom, et de payer en rentrant. Ce que nous faisons, et nous mettons en fin en route vers 7h00.

Les premiers 400m montent raide. Nous arrivons au bout d'une heure sur un beau plateau, là où j'avais prévu de camper hier soir. C'est assez humide, mais ça aurait toujours été mieux que de dormir dans la voiture. Un marmotte nous accueille.

Mince! J'ai oublié la carte dans la voiture! Bon, le chemin est très bien balisé, j'ai le GPS avec des piles, mais quand même, j'aime lire la carte, voir ce qui se trouve autour de moi. Et puis j'ai passé tellement de temps à la faire...

Bref, direction l'Iffigensee (ou Wildhornhütte) par un chemin qui part à droite pour accéder à un petit balcon surplombant le plateau. Nous traversons un premier névé, pas encore trop raide, bien pour se mettre en jambes. Quelques passages un peu exposés mais ça reste accessible. Encore un névé, celui-là est un peu plus pentu et la glissade n'aboutirait pas à une belle fin. Nous sortons les piolets, déjà.



Nous arrivons non loin du col et faisons un petit pause déjeuner, avec une belle vue sur le parcours déjà effectué.
Descente vers le Iffigensee. Nous discutons avec un groupe, apparemment cette année il y a beaucoup de neige pour cette époque. Nous arrivons au lac et nous posons pour manger, après avoir fait le plein d'eau non loin d'ici. Joli lac, sur lequel flotte encore pas mal de neige.

Nous laissons le chemin de la Wildhornhütte, où nous n'avons pas prévu d'aller, pour descendre vers Iffigenalp par l'autre côté du lac.

Il nous aurait aussi été possible de monter au Iffigenhorn et redescendre par le mamelon qui file derrière ce sommet vers Iffigenalp, mais c'est un peu plus long, nous avons encore du dénivelé qui nous attend.



La descente dans cette vallée est magnifique, mais il fait chaud!



Arrivés à Iffigenalp, il y a une belle carte! J'en prends une photo, pour pouvoir la consulter plus tard. Nous prenons le chemin de la Wildstrübelhütte et, un peu plus haut que ce refuge, un col, avec un vue magnifique du soleil couchant sur le Glacier de la Plaine Morte. Mais avant, 800m de dénivelé sur une face très verticale nous attendent. Ou pas. Un panneau indique "Rawylpass gesperrt" (col du Rawyl bloqué). Demi-tour pour aller voir la carte. Zut, c'est sur notre chemin. Une gérante du restaurant à côté nous déconseille d'y aller, risque d'avalanches. Il sera à priori dégagé la semaine prochaine. En effet, quand on regarde la carte, on comprend mieux: c'est raide.

Mais du coup, grosse décéption: notre tour du Wildhorn n'est pas possible. Nous repartons sur nos pas vers le Iffigensee, le moral dans les chaussettes. Réflexion, hésitation, démotivation ... On pourrait monter voir le Glacier de la Plaine Morte, mais avec le Rawylpass fermé, c'est un cul de sac. Il y a un autre passage, qui permet de passer de l'autre côté du massif du Wildhorn: un col à 2750m, au bord du Glacier du Wildhorn. De là, on pourrait rejoindre la cabane et le col des Audannes, et finir notre tour. Irina n'est pas enchantée par l'idée: trop de neige :) J'arrive à la convaincre d'aller voir, continuer tant qu'on peut faire demi-tour, et revenir sur nos pas dès que la difficulté dépasse notre petit niveau.

Direction l'Iffigenhorn, histoire de faire un peu de dénivelé encore aujourd'hui, et d'observer l'état du chemin de demain de plus haut. Ca monte raide dans un premier temps, pour rejoindre le petit balcon qui sépare les deux vallées.

Une fois la haut, plus personne, c'est calme, et nous avons une vue superbe sur le chemin que nous aurions dû prendre, au pied du Mittaghorn...

et le Schnidehorn, tête dans les nuages, au pied duquel on se dirigera demain.

Vu de plus haut, la neige est là, mais le chemin qui mène au glacier par une petite crête, est dégagé. Ça le fera. On descend poser le bivouac au col 200m plus bas. Endroit magnifique avec le soleil qui se couche lentement, illuminant de sa lumière douce l'Iffigensee et les sommets avoisinnants.

Des marmottes courrent à quelques mètres de nous. Il est 19h, nous avons encore deux heures pour manger et profiter du soleil. Notre moral est à nouveau au plus haut :)



Dimanche
8h  18km  1000m D+  1700m D-

Réveil à 5h30, le soleil se lève. Hier l'humidité est vite tombée. Nous sommes restés la tête à l'air, sous les étoiles. Le vent s'est levé dans la nuit, et ce matin, l'intérieur de l'abri, qui était couvert de condensation dans la nuit, est déjà sec. Nous déjeunons quelques barres maison (merci Mathieu) et partons en direction de la Wildhornhütte.



Nous demandons sur place comment est le passage: il est praticable. On attaque. Il est 7h, le soleil tape déjà fort! Pause crème solaire. La montée jusqu'au pied du glacier est plutôt cool.

Juste un névé à traverser, pas raide mais qui s'arrête en bas de la pente. Nous sommes en fin au Glacier du Chilchli, point de départ du Wildhorn, où deux groupes d'alpinistes sont partis ce matin. Le glacier est plutôt plat, pas de séracs ou de crevasses en vue.



Début dans le caillous, pour l'éviter, en suivant les marques du chemin. Il nous fait passer sur quelques bouts du glacier qui remontent sous le Schniedehorn.

Piolet à la main. En plein été, il n'y a plus de neige ici. Nous apercevons maintenant la croix du Wildhorn. Le "vrai" sommet, lui, plus haut de 10m, est caché derrière.



Les marques nous "obligent" à traverser une partie encore à l'ombre. Ce n'est pas de la glace, mais de la neige dure, qui plus est avec une pente un peu plus importante. Irina ne se sent pas à l'aise, je sors la corde pour la mettre en confiance, et on continue tranquillement. Ça aurait quand même été plus pratique si je n'avais pas oublié mes petits crampons... mais c'est amusant de tester les limites de cette paire de chaussures en mesh à 30€ :)

Nous arrivons enfin à ce fameux col, le Schnidejoch, notre seule porte vers la suite du tour. Au loin, on distingue bien le Weisshorn, et quelque part à droite (au sud) se cachent, derrière la barre des Six des Eaux Froides, le Cervin et la Dent Blanche.



La suite du chemin a l'air encore bien enneigée, mais c'est toujours faisable. Si nous descendons, nous seront à la cabane des Audannes dans l'après-midi et pourrons passer le col des Audannes, dernière barrière sur notre chmin, et aller bivouaquer derrière. Le col des Audannes, sur son versant sud, est équipé d'échelles et cordes fixes et présente une traversée où il ne vaut mieux pas glisser. Nous le prendrions en descente, pas le plus agréable. Sur la neige du soir, ça passerait, mais Irina ne se sent pas d'attaque pour y monter aujourd'hui (environ 700m D+). Ce qui veut dire, soit le passer demain matin, glacé, sans crampons (que j'ai oubliés ... grrrr....); soit le passer en fin de matinée, et à se moment là, on se met pas mal en retard sur notre programme. Un peu frustré mais restant raisonnable, je décide de faire demi-tour. Le tour du Wildhorn, ça sera pour la prochaine fois. Un vrai, lorsque le col du Rawyl sera lui aussi praticable. Dommage... à une petite semaine près...
 
Nous repassons la corde (vraiment pour la forme) et descendons, cette fois-ci directement sur le glacier du Chilchli, en pente douce. Forcément, c'est beaucoup plus rapide de faire tout sur la neige que d'alterner entre neige pentue et caillous :)

Là-haut, un groupe entâme aussi la descente du Wildhorn. Sortis du glacier, nous rangeons le matos neige et reprenons le chemin inverse. Il fait chaud, très chaud!



Passage à la Wildhornhütte pour boire et remplir la gourde, avant de bifurquer à gauche pour rejoindre le col par un nouveau chemin en surplomb du lac, et s'arrêter prendre des forces avec vue sur le Iffigenhorn, et tout au fond à droite, que l'on distingue à peine, Eiger et Monch.



Qu'allons nous faire maintenant, nous sommes à 3h de marche de la voiture. Irina a beaucoup de boulot, j'ai aussi de quoi m'occuper à la maison, allez, on rentre ce soir, avec un jour d'avance. Mais avant, on décide d'aller faire un tour à la Geltenhütte, enclave dans le massif qui permet d'avoir une jolie vue sur le versant sud du Wildhorn.

Nous rejoingons le col pris hier en traversant le dernier névé du week-end (ça y est, Irina est rodée, malgré la pente, même pas peur :p).

Un chemin alternatif nous ramène en 1h00 au Kuhtungel, petit plateau au-dessus du parking sur lequel nous voulions dormir le premier soir. Quelques marmottes sont encore là pour célébrer notre retour.

De là, un petit chemin en balcon longe la vallée à flanc de falaise pour rejoindre la Geltenhütte en 2h. Assez impressionnant au départ. Il a été récemment élargit, mais quand même, la glissade est interdite :)

Et puis la vallée se découvre, du Geltenhorn au loin jusqu'au Lauenensee, et Gstaad, tout au fond.



Encore quelques efforts à fournir et nous arrivons vers 18h à la cabane de Gelten. Belle vue sur un cirque au décor impressionnant: Wildhorn, cascades, le Glacier du Gelten, au bord du quel grimpe un sentier permettant de rejoindre l'Arpelistock et l'autre versant du massif (alpi facile).

Geltenhorn
Wildhorn


Dernière pause goûter avant de redescendre dans la vallée, le long du torrent.

Geltenhorn


Au détour d'un virage au-dessus du torrent dont le bruit couvre nos pas, une marmotte m'assourdit de ses cris d'alarme en détalant 2m devant moi. Plus loin, le chemin passe sous une cascade.



En face, le chemin où nous sommes passé une heure plus tôt. Une vacherie, perchée sur ce balcon, profite des derniers rayons de soleil.



20h à la voiture. On nous a laissé une enveloppe sous l'essuie-glace avec un petit mot disant : En partant, merci de glisser la somme en euros correspondante à la durée de stationnement dans cette enveloppe et la déposer dans la boite au lettre derrière la petite cabanne.

Trace GPS

Voir la carte en plein écran.

Profil d'altitude

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